🏉 Origine du rugby
C'est donc bien les universités anglaises qui ont été les incubateurs du sport moderne. Il faut dire qu'il fallait bien occuper tout ce petit monde des grandes écoles du début du 19e. La révolution industrielle et l'accélération du progrès technique avaient poussé les parents à mettre leurs chers bambins dans les écoles qui puissent garantir une part du gâteau de ce monde en pleine explosions des savoirs. Après la tête, il fallait bien fortifier le corps. Quoi de mieux qu'un sport collectif pour apprendre les valeurs du futur travail en équipe dans l'entreprise ?
Mais ces sports vont faire des émules dans les classes populaires. Là aussi, il fallait bien trouver un divertissement pour les rares jours de repos. Issues de l'exode rural, les classes populaires n'avaient plus le droit au plaisir des festivités rurales d'antan. C'est naturellement qu'elles ont trouvé un palliatif dans le sport collectif.
Mais très vite, les enjeux vont l'emporter sur le jeu. Des rivalités locales vont naître au point que l'important n'est plus de participer mais de gagner. L'honneur de la ville ou de la région est enjeu et il faut les meilleurs joueurs du moment : c'est la fuite en avant vers la rémunération. Certains responsables tenteront hypocritement de sauver la face en imposant l'amateurisme comme seul mode de fonctionnement, mais personne n'est dupe. Bienvenu à l'amateurisme marron et ses rémunérations occultes ou la fourniture d'emplois de complaisance. C'est trop tard, le professionnalisme est en marche.
La particularité de tous ces sports, c'est qu'ils se sont répandus sur les terres de l'ancien Empire britannique. Ce dernier a joué le même rôle que l'Empire Romain a joué pour le christianisme. Il a permis de répandre la bonne parole footballistique à travers tout l'Empire. Nul doute que si le basket ou le handball avaient été des sports anglais du 19e, ils seraient les sports majeurs aujourd'hui.
Mais voila, personne n'avait prévu que les confrontations pourraient dépasser le cadre de son pays, voir de sa région. On n'est pas encore au 20e siècle et l'avion ne fait pas parti du quotidien. Les rares déplacements sur un autre continent se font par bateau et durent encore des éternités. Aussi chaque pays va avoir la tentation d'arranger les règles pour créer son propre sport dans son coin.
Il n'y a pas d'instance internationale pour faire la police. Qui accepterait qu'une autorité étrangère vienne s'ingérer dans des affaires sportives nationales ? Chaque pays va finir par avoir une version différente de son football ou son rugby. Et pour des détails, bien souvent : le Football Canadien est du Football Américain mais avec un joueur en plus ! Quand arrive le 20e siècle, le mal est fait.
L'avenir du sport aujourd'hui est intimement lié à la télévision. Elle seule distribue les bons points. C'est grâce aux droits TV que le sport arrive à vivre aujourd'hui et à se développer. Le football américain professionnel (NFL) est sûrement celui qui a atteint le sommet de la réussite avec ses stades combles, ses droits TV exorbitants et ses bénéfices records.
Nous n'avons pas traiter du Football Gaélique car les avis divergent sur son origine. A l'inverse des sports traités plus haut, rien ne permet de dire qu'il fut le rejeton du football des universités anglaises. Il s'est sûrement laissé influencer mais a gardé avant tout ses origines gaéliques. Il est d'ailleurs étonnant qu'il n'ait pas réussi à devenir un sport majeur toute l'immigration irlandaise... mais c'est un autre débat !
Le débat fait rage sur le droit d'aînesse. Quel est le plus vieux des trophées des sports de balle collectifs ?. Pour répondre, il faut distinguer "trophée" et "compétition". En effet, certaines compétitions n'avaient pas de trophée connu ou en avaient un qui a disparu (pour réapparaître, dés fois, plus tard mais sous une autre forme).
(Qui perdurent jusqu'à aujourd'hui sans discontinuité)
FA Cup — 1872
Coupe d'Angleterre de football
Scottish Cup — 1874
Coupe d'Ecosse de football
Brennus — 1892
Championnat de France de rugby
Challenge Cup — 1897
Coupe d'Angleterre de Rugby XV puis XIII
au cimetière de Menton (Alpes-Maritimes)
La soule, premier jeu de balle collectif connu, était une jeu entre village (au moyen âge) qui consistait à ramener une vessie de port derrière une ligne adverse qui pouvait être dans le village voisin. Aucune règle n’était vraiment établie.
Ce jeux a donné dans le temps plusieurs variantes, et au 19ème siècle bien que déjà plus structuré, il y avait plusieurs règles de "football" : ballon porté, ballon driblé,... Les matchs pouvaient durer 5 jours ! Le seul point commun à toutes les règles est l'objectif de marquer le but.
Au milieu du 19ème siècle, la base du Football est un terrain, une vessie de porc, 2 équipes qui se passent le ballon à la main ou au pied pour passer le but en dessous ou au dessus de poteaux suivant les règles.
Ce jeu se joue dans toutes les universités anglaises qui ont chacune leurs règles. Les vrais descendants de ce sport sont le foot australien, et le foot gaélique qui ont gardé le plus cette forme de jeu.
En 1849, 2 courants se scindent : ceux qui ont privilégié le handling et les contacts et ceux qui ont privilégié le dribling et supprimé les contacts. Le divorce entre le rugby et le football est amorcé.
Un jeu se distingue parmi les autres : celui pratiqué par l'université de RUGBY. Plus aéré, plus fluide, il commence à faire parler de lui. OXFORD et CAMBRIDGE reprennent à leur compte ce jeu de balle.
Il consiste à jouer à la main et stopper les joueurs par coups de pied ou par croc en jambes. Lorsque le joueur était stoppé, tous les joueurs se battaient dans une gigantesque mêlée pour reprendre le ballon.
La façon de scorer était le drop ou la pénalité, puis est venu une autre façon de scorer, lorsque l'équipe passait le ballon derrière la ligne adverse. Alors seulement, on avait le droit de tenter le but ! L’essai était né !
En 1823, Williams Webb Ellis, un étudiant de l'université de RUGBY, en améliore les règles en se saisissant du ballon pour traverser le terrain.
Un des éducateurs de l'université, Thomas Arnold, fixera les premières règles par écrit de ce qu'il faut désormais appeler le Foot-Ball de Rugby (ou Football-Rugby).
La naissance d'un sport
Avec le temps, trop de clubs altèrent le jeu en retranchant des règles selon leur bon vouloir. Les règles étaient totalement disparates, cela finissait en disputes et lutte d’influence entre les quelques universités de l’époque dont celle de la ville de Rugby qui a finalement été la plus influente.
En 1871, une réunion aura lieu pour tenter de refondre et harmoniser les règles : la taille du terrain, le nombre de joueurs, la durée du match,...
Elle conduira finalement en un discorde entre les partisans du jeu au pied et les partisans du jeu aux mains.
La rupture devient totale et les deux groupes fondent leur propre organisation.
- Les premiers fondent la FOOTBALL ASSOCIATION puis la FIFA, qui sera le début du football Soccer.
- Les deuxièmes fondent la RUGBY FOOTBALL UNION à l'origine du Rugby.
Les règles sont également améliorées pour clarifier le jeux et protéger les joueurs, la ligne de hors jeux est crée (le porteur du ballon).
En 1876, le nombre de joueurs passe à 15 et le jeu se structure. Comme le joueur qui était stoppé recevait beaucoup de coups de pied, on a créé le tenu qui est devenu par la suite la mêlée fermée.
Mais le principe est toujours 15 joueurs qui se passent la balle et se battent pour la prendre à l'adversaire. On peut stopper le joueur par du hacking (coup de pied) ou par du tripping (croc en jambe).
Tout le monde peut tenter le but mais, depuis que la ligne de hors jeux a été créée, on a pensé qu'il était intéressant tactiquement d'avoir 1 joueur en retrait pour récupérer une balle relâchée ou tapée par l'adversaire.
C'était la première fois qu'un poste spécifique, avec des qualités de joueur spécifiques, se créait. On l’a donc logiquement appelé Back (arrière) par opposition aux autres les forwards qui sont devant.
Les tactiques s'affinent, certaines équipes créent un nouveau poste entre les avants et l'arrière qui va se généraliser. On l'appele Half way back puis très vite halfback, alors que l'arrière devient fullback.
En 1878, l'équipe de Cardiff invente une feinte : au lieu de remettre le ballon à ses avants, un des demis a fait une petite passe au 2ième demi qui était décalé et qui a pris le trou.
Cette feinte est devenu un élément du jeu et finalement le demi a été appelé le Flyhalf, traduit par demi d’ouverture en Français. L’autre demi qui restait près de la mêlée a été appelé scrumhalf.
Donc à cette époque, dernier quart du 19ème siècle, on a les avants + le demi de mêlée + le demi d'ouverture + l'arrière.
Dans les universités anglaises, ce jeu devenait une véritable passion et on développait toutes les tactiques possibles. Les étudiants moins costauds, plus jeunes et plus rapides que les ouvriers ont fait évoluer petit à petit la tactique. Principalement en aérant le jeu.
Ils ont déplacé 3 joueurs de la mêlée entre les demis et l'arrière. Leur rôle était de défendre et d'avancer, grâce à des passes plus longues et à leur vitesse dans les espaces vides du terrain.
Comme ces nouveaux arrières étaient placés sur le terrain entre les demis et l’arrière, leur nom est venu de leur position : les 3/4 arrières.
Le 2ème 3/4 centre est venu un peu par accident. Cardiff jouait à l'extérieur et leur 3/4 centre était blessé. Ils ont donc utilisé un remplaçant qui a été héroïque et a marqué 2 essais cruciaux !
Les autres noms ont été donnés tout naturellement quand la mêlée s’est organisée en 3 lignes. Ensuite en première ligne, on a fait la différence entre celui qui soutenait le pilier et celui qui talonnait.
Puis de nouveaux noms sont arrivés à partir du moment où le rugby s'est internationalisé et a évolué. Le 5/8 est un premier centre qui joue au pied, il est à mi-chemin entre le 1/2 et le 3/4 ce qui donne 5/8.
Il y a 3 troisièmes lignes : un au centre et 2 sur le flanc de la mêlée, d'où le nom de flanker.
Les tactiques ont finit par déterminer le "tight five", le cinq de devant qui est finalement la dernière évolution du rugby moderne.
