Commentaire
C'est
donc bien les universités anglaises qui ont été
les incubateurs du sport moderne. Il faut dire qu'il fallait bien
occuper tout ce petit monde qui se bousculait aux portes des écoles
du début du 19e. La révolution industrielle et l'accélération
du progrès technique avaient poussé les parents
à mettre leurs chers bambins dans les écoles qui
puissent leur garantir une part du gâteau de ce monde en
pleine révolution. Après la tête, il fallait
bien fortifier le corps. Et quoi de mieux qu'un sport collectif
pour apprendre les valeurs du futur travail en équipe dans
l'entreprise ?
Mais ces sports vont faire des émules dans les classes
populaires. Là aussi, il fallait bien trouver un divertissement
pour les rares jours de repos. Issues de l'exode rural, les classes
populaires n'avaient plus le droit au plaisir des festivités
rurales d'antan. C'est naturellement qu'elles ont trouvé
un palliatif dans le sport collectif.
Mais très vite, les enjeux vont l'emporter sur le jeu.
Des rivalités locales vont naître au point que l'important
n'est plus de participer mais de gagner. L'honneur de la ville
ou de la région est en jeu et il faut les meilleurs joueurs
du moment : c'est la fuite en avant vers la rémunération
contre une présence sur le terrain. Certains responsables
tenteront hypocritement de sauver la face en imposant l'amateurisme
comme seul mode de fonctionnement, mais personne n'est dupe. Bienvenu
à l'amateurisme marron et ses rémunérations
occultes ou la fourniture d'emplois de complaisance. C'est trop
tard, le professionnalisme est en marche.
La particularité de tous ces sports, c'est
qu'ils se sont répandus sur les terres de l'ancien Empire
britannique. Ce dernier a joué le même rôle
que l'Empire Romain a joué pour le christianisme. Il a
permis de répandre la bonne parole footbalistique à
travers tout l'Empire. Nul doute que si le basket ou le handball
avaient été des sports anglais du 19e, ils seraient
les sports majeurs aujourd'hui.
Oui mais voila, personne n'avait prévu
que les confrontations pourraient dépasser le cadre de
son pays, voir de sa région. On n'est pas encore au 20e
siècle et l'avion ne fait pas parti du quotidien. Les rares
déplacements sur un autre continent se font par bateau
et durent encore des éternités. Aussi chaque pays
va avoir la tentation d'arranger les règles pour créer
son propre sport dans son coin. Il n'y a pas d'instance internationale
pour faire la police. Puis qui accepterait qu'une autorité
étrangère vienne s'ingérer dans des affaires
sportives nationales ? Chaque pays va finir par avoir une version
différente de son football ou de son rugby. Et pour des
détails, bien souvent. Exemple ; le Football Canadien qui
est du Football Américain mais avec un joueur en plus !
Quand arrive le 20e siècle, le mal est fait.
Etrangement, seuls deux sport ne vont pas lâcher
l'affaire et croire encore à leur potentiel "d'évangélisation".
C'est le football (soccer) et le Rugby Union (à XV). Une
persévérance qui finit par payer 100 ans plus tard
puisqu'ils sont les seuls capables d'offrir une Coupe du Monde
de valeur.
L'avenir du sport aujourd'hui est intimement
lié à la télévision. Elle seule distribue
les bons points. C'est grâce aux droits TV que le sport
arrive à vivre aujourd'hui et à se développer.
Le football américain professionnel (NFL) est sûrement
celui qui a atteint le sommet de la réussite avec ses stades
combles, ses droits TV exorbitants et ses bénéfices
records. Est-ce un exemple ou non ? A chacun d'avoir son avis
sur la question. Mais les autres sports marchent dans ses pas
qu'on le veuille ou non !
PS : Nous n'avons pas traiter
du Football Gaélique car les avis divergent
sur son origine. A l'inverse des sports traités plus haut,
rien ne permet de dire qu'il fut le rejeton du football des universités
anglaises. Il s'est sûrement laissé influencer mais
en gardant avant tout ses origines gaéliques. Il est d'ailleurs
étonnant qu'il n'ait pas réussi à devenir
un sport majeur avec son ballon rond et toute l'immigration irlandaise...
mais c'est un autre débat !
|