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Rubgy à XIII ou rugby league


Equipe de France 2006


RUGBY DES OUVRIERS

Au cours des dernières années du XIXème siècle, les pratiques sportives s'étendent progressivement à toutes les couches sociales, favorisées en cela par la réduction du nombre d'heures de travail et l'ébauche d'un congé du samedi.

En se développant vers le Nord de l'Angleterre, région très industrielle, la proportion de joueurs issus des couches ouvrières augmente ; le Rugby n'est plus réservé à une élite aristocratique.

A cette même époque, les années 1880-1890, le Rugby et le football vont se trouver confrontés au professionnalisme. Si le football reconnaît sans grande difficulté le professionnalisme en 1885, il n'en sera pas de même pour le Rugby ce qui provoquera la scission et l'apparition du Rugby à XIII.


La question du manque à gagner, le remboursement du temps de travail perdu pour les entraînements ou les matchs ou suite à une blessure, est abordée en 1891 à la RFU par les représentants des clubs du Nord. Cet avis est rejeté par la RFU composée majoritairement de clubs universitaires conservateurs préférant l'idée d'un Rugby pratiqué par de purs amateurs.

Le divorce est total entre les représentants clubs du Nord et la RFU. En mai 1895, la RFU interdit officiellement les orientations prises dans les clubs du Nord. Le 27 août 1895, ceux-ci répliquent en créant la NORTHERN RUGBY FOOTBALL UNION.
En 1922, la NRFU devient la RUGBY FOOTBALL LEAGUE.

Les 22 clubs du nord pionniers qui font scission (avec leur date de création) :
Batley FC
(1880), Bradford FC (1863), Brighouse Rovers FC (1878), Broughton Rangers FC (1877), Halifax FC (1873), Huddersfield FC (1864), Hull FC (1865), Hunslet FC (1883), Leeds FC (1864), Leigh FC (1877), Liversedge FC (1877), Manningham FC (1876), Oldham FC (1876), Rochdale Hornets FC( 1871), Runcorn (1895), Stockport (1895), St Helens FC (1873), Tyldesley FC (1879), Wakefield Trinity FC (1873), Warrington FC (1875), Widnes FC (1873), Wigan FC (1879)

Pour se différencier de la "union" ce nouveau rugby change quelques règles pour rendre le jeu plus spectaculaire, notamment en supprimant 2 joueurs pour augmenter l'espace sur le terrain.

La France découvre le XIII dans les années 30. Jean Galia, joueur de XV radié par la FFR pour "fait de professionnalisme", est contacté par les anglais.
Deux journalistes jouent les intermédiaires et organisent le premier match, Australie-France, à Paris, devant 20000 spéctateurs. Une réussite.
En 1934, la Fédération de Rugby à XIII dépose ses statuts.
Les quinzistes affluent. Notamment parceque les Français ont été bannis du Tournoi des Cinq Nations du XV pour violence sur le terrain.

Le XIII va profité du passage à vide du XV pour acquérir une très forte notoriété populaire. Notamment grâce aux multiples rencontres internationales dont fut privé le XV.

 


A bas le XIII, vive le XV !

histoire du rugby à XIII

Ecoutez une émission (50 min) réalisée par France Culture sur l'histoire du Rugby à XIII et ses péripéties pendant la guerre 39-45. Passionnant et agrémenté de témoignages de personnalités de l'époque (Sylvain Bès, René Verdier, Edouard Ponsinet, Jean Labat, des quinzistes Jean Prat, Charles Calbet et Albert Ferrasse, et de Paul Barrière).


VICHY INTERDIT LE XIII

En accord avec les nazis, le régime de Vichy interdit le rugby à XIII. Les raisons invoquées étaient les liens de sympathie de la Ligue Treiziste avec les Britanniques et le fait du professionnalisme avoué. Ajoutons à cela ses origines de sport prolétaire qui regroupait des pratiquants issus du monde du travail, représentant à cette époque une menace potentielle pour le régime en place.

La Ligue française de Rugby à XIII fut dissoute par le décret n° 5285 du 19/12/1941. Son siège rue Drouot à Paris a été réquisitionné. Les joueurs sont invités à rejoindre les clubs de rugby à XV.

 

histoire du rugby à 13Interdiction du rugby à XIII par le régime de Vichy

Le 22 août 1940, Jean Ybarnegaray, président-fondateur de la fédération française et internationale de Pelote Basque, secrétaire d'État à la Jeunesse et à la Famille et député souletin du Parti social français (PSF) du colonel François de la Rocque déclara : «Le sort du rugby à XIII est clair, il a vécu (et), rayé purement et simplement du sport français... »
Le 17 Octobre 1940, Albert Ginesty, président de la Fédération Française de Rugby (rugby à XV) et Paul Voivenel, président d'honneur de la FFR et auteur en 1942 de l'ouvrage "Mon beau rugby qui refuse l'existence du rugby à XIII (partie disparue lors des rééditions) militent pour l'interdiction du rugby à XIII. Cette interdiction pourrait bien être établie et conclue sur la base du « rapport Voivenel ou Ginesty sur le rugby » remis à Jean Borotra, Commissaire général à l’Éducation générale et aux Sports de juillet 1940 à avril 1942.

D'autre part, le nouveau ministre des sports de Philippe Pétain et du nouveau gouvernement de Pierre Laval nommé en avril 1942 : Joseph Pascot (ex directeur des sports dans le cabinet du précédent ministre Jean Borotra, ancien joueur international de la FFR, devenu colonel d'active) est, dans ses précédentes fonctions, un des acteurs principaux de la suppression du rugby à XIII ;

Les effets de cette interdiction sont immédiats pour le rugby à XIII et,
- valent dissolution et perte d'avoirs tant pour les 13 clubs « professionnels » (c'est-à-dire qui dédommagent leurs joueurs) que pour les 142 à 146 clubs amateurs de la Ligue Française de Rugby à XIII,
- des biens immobiliers ou mobiliers de la LFR XIII et de clubs sont saisis soit de 4 à 9 millions de francs de l'époque. Certains sont partiellement captés par la Fédération française de Rugby à XV.

A la libération, le Rugby à XIII retrouve ses prérogatives, mais le mal est fait !

Les harcèlements continueront avec un conflit juridique sur la légitimité de pouvoir conserver le nom "RUGBY" comme leur cousin du XV. Le XIII étant obligé à s'intituler péjorativement "Jeu à XIII". Une absurdité qui ne passe qu'en France, alors que cela ne pose aucun problème dans le reste du monde (en Grande-Bretagne et en Australie, notamment).

rugby à 13

Une décision de justice de 1993 permettra finalement aux tréizistes de pouvoir réutiliser le nom de "Rugby".

A l'exclusion de Marie-Georges Buffet en mai 2000 (Ministre Jeunesse et Sport), nul ministre ou personnel politique d'importance n'a depuis des dizaines d'années assisté à une finale treiziste (championnat ou Coupe de France).
Par ailleurs, aucun membre des Equipes de France de Rugby à XIII (excepté Puig Aubert) n'a été, en raison de la contribution apportée à la communauté nationale à travers son sport, fait titulaire de la Légion d'Honneur.


Le mot "Jeu" n'existe plus depuis 1993. En effet, cette année-là, un arrêt de la Cour de Cassation a redonné le droit au XIII de retrouver son nom d'origine : "Rugby à XIII" et non "Jeu à XIII".


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